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martedì 26 maggio 2026

Les enfants de chœur portant la soutane doivent utiliser le col romain

enfants de chœur
Dans les anciens films ou les vieilles photographies, la soutane portée par les enfants de chœur était généralement munie du classique col romain blanc. Malheureusement, j’ai remarqué que, dans les messes tridentines de nos jours, il arrive parfois que les enfants de chœur en soient dépourvus. Certains se sont demandé si l’usage du col romain était réservé aux seuls prêtres. Il y a des années, à l’époque du pontificat de Benoît XVI, Daniele Di Sorco a répondu à cette question sur un forum. Je rapporte ici quelques extraits de son intervention intéressante :
 

Il n’existe aucun document du Saint‑Siège réglementant l’usage du col romain. […] Cet abus [qui consiste à avoir réduit le col à l’unique signe distinctif sacerdotal, n.d.r.] a probablement engendré la conviction que le col en particulier — et non la soutane (ou, à titre exceptionnel, le clergyman) en général — serait le signe distinctif du clerc. D’où la difficulté, pour certains, d’admettre l’usage du col par des laïcs qui, dans les fonctions liturgiques, portent la soutane.

Comment répondre à cette difficulté ? De trois manières : en mettant en lumière la véritable fonction du col, en analysant la pratique ancienne de l’Église et en examinant les manuels d’étiquette ecclésiastique qui traitent de la question.

Il faut penser, avant tout, que le col est un complément nécessaire de la soutane, dont il est séparé uniquement pour des raisons de praticité (comme les boutons de manchette de la chemise ou les chaussettes des chaussures). Sans col romain, l’encolure de la soutane apparaît comme quelque chose de visiblement incomplet : trop basse, trop large, inexplicablement déformée par l’ouverture carrée qui laisse voir la peau nue ou le col (souvent multicolore) du vêtement porté en dessous. C’est précisément la conformation particulière de la soutane qui nous fait comprendre que le col en est une partie intégrante, et non un simple accessoire (à la différence, par exemple, de la ceinture ; mais dans le cas de la soutane ambrosienne, qui ne pourrait rester fermée sans ceinture, celle‑ci est aussi indispensable que le col).

Une preuve supplémentaire nous vient du fait que les documents ecclésiastiques parlent de la soutane sans jamais mentionner le col : signe que celui‑ci était considéré comme un complément indispensable de celle‑ci […]. Mais si, de ces documents et d’autres encore, on peut à juste titre déduire que l’habitus ecclesiasticus ou clericalis dont parle le Code de droit canonique de 1917 (can. 136, § 1) est la soutane complète de son col, il s’ensuit que les laïcs aussi, dans les cas où le Code leur accorde de porter le même habitus clericalis (can. 683), peuvent et doivent l’utiliser. Le texte, en effet, ne fait aucune distinction entre les deux vêtements. Que les laïcs n’aient pas le droit de porter des insignes honorifiques est une évidence, celles‑ci étant strictement réservées au clergé. Le nouveau Code de droit canonique a laissé cette discipline inchangée, sans restreindre ni modifier l’usage du col.

Ce qui ressort de l’examen du droit est confirmé par la pratique en vigueur avant la réforme liturgique. Dans de nombreuses photographies d’époque, on voit clairement que la soutane portée par les servants est munie d’un col exactement comme celle des clercs. Là où il n’était pas utilisé, cela dépendait de la difficulté de se procurer un nombre suffisant de cols dans différentes tailles, et non de la conviction qu’il fût réservé au clergé.

Les manuels d’étiquette ecclésiastique que j’ai consultés, habituellement très précis pour déterminer quelles catégories de personnes peuvent ou ne peuvent pas utiliser certains insignes, ne parlent jamais du col comme d’un vêtement réservé au clergé ou distinctif de l’état clérical. S’ils ne mentionnent pas explicitement la possibilité pour les laïcs de l’utiliser, c’est parce qu’eux aussi le considèrent comme un complément normal de la soutane. J. A. Nainfa (Custom of Prelates of the Catholic Church, Baltimore 1926), qui prend soin de préciser que les enfants de chœur ne peuvent pas utiliser la ceinture (à laquelle, du reste, tous les prêtres n’ont pas droit), ne fait aucune distinction de ce genre en ce qui concerne le col, ni dans le chapitre qui lui est consacré ni ailleurs. Il en va de même pour J. Nabuco (Ius pontificalium, Paris‑Tournai‑Rome 1956).

En définitive, on peut dire que le col est certes un insigne distinctif de l’état clérical, mais pas davantage que ne l’est la soutane. Donc, si le servant, qui dans les fonctions liturgiques remplit le rôle d’un clerc (précisément celui de l’acolyte), peut porter la soutane, on ne voit pas pourquoi il devrait s’abstenir de porter le col.